Une chaussure de randonnée inadaptée ne se remarque pas au premier kilomètre, mais au vingtième : ampoules, chevilles qui tournent, pieds trempés ou orteils écrasés dans les descentes. Le bon choix dépend moins de la marque que de trois questions simples : sur quel terrain, avec quel poids sur le dos, et par quel temps.
Trois hauteurs de tige
- Tige basse : légère et souple, proche d'une chaussure de trail. Elle convient aux sentiers bien tracés, aux sorties à la journée et aux randonneurs qui ont des chevilles solides.
- Tige mi-haute : elle couvre la malléole et protège des chocs et des petites torsions. C'est le choix le plus polyvalent pour la randonnée en montagne avec un sac léger.
- Tige haute : elle enveloppe et tient la cheville. Indispensable avec un sac lourd en itinérance, en terrain très accidenté ou hors sentier.
Une tige haute ne remplace pas des chevilles entraînées. Elle limite l'amplitude des torsions, mais une chaussure trop rigide pour un terrain facile fatigue inutilement.
La rigidité : les catégories A à D
Plusieurs fabricants européens classent leurs modèles sur une échelle de A à D selon la rigidité de la semelle, en flexion et en torsion. Certains modèles se situent entre deux catégories (A/B, B/C).
| Catégorie | Rigidité | Usage typique |
|---|---|---|
| A | Souple | Marche, sentiers faciles, tige généralement basse |
| B | Intermédiaire | Randonnée en montagne sur sentiers, avec sac |
| C | Rigide | Terrain rocheux, approche, via ferrata, crampons semi-automatiques selon les modèles |
| D | Très rigide | Haute montagne, alpinisme glaciaire, crampons automatiques |
Plus la semelle est rigide, plus elle est stable sur les rochers et dans les pentes raides, mais moins elle est confortable sur un chemin roulant. Le pied « déroule » moins, et la marche devient plus fatigante sur le plat.
Compatibilité avec les crampons
Les crampons s'accrochent de trois façons, et chacune exige une chaussure adaptée :
- Crampons à sangles : ils s'adaptent à la plupart des chaussures à semelle assez rigide (catégorie B et plus).
- Crampons semi-automatiques : ils demandent une trépointe arrière, un petit rebord au talon où vient se clipser la talonnière.
- Crampons automatiques : ils exigent une trépointe à l'avant et à l'arrière, ce qui réserve leur usage aux chaussures d'alpinisme rigides (catégorie D).
Monter un crampon sur une semelle trop souple est dangereux : la flexion de la chaussure peut le faire sauter.
La semelle
Semelle extérieure
La gomme doit accrocher sur le rocher sec comme sur le mouillé. Regardez :
- la profondeur et l'espacement des crampons : des crampons espacés évacuent mieux la boue ;
- le talon de freinage, un décroché à l'arrière de la semelle, qui retient le pied dans les descentes ;
- la zone d'escalade, une bande de gomme plus lisse à l'avant, utile pour poser la pointe du pied sur un rocher.
Semelle intermédiaire
On y trouve principalement deux familles de mousse :
- L'EVA est légère et amortissante, mais elle se tasse plus vite.
- Le polyuréthane (PU) est plus lourd, mais plus durable et plus stable sous un sac chargé. On le trouve sur les modèles d'itinérance.

Imperméable ou non ?
Une membrane imperméable et respirante (Gore-Tex est la plus connue, chaque marque a aussi la sienne) empêche l'eau d'entrer tout en laissant sortir une partie de la vapeur de transpiration.
Avantages : des pieds secs dans la rosée, les flaques, les névés et sous la pluie.
Inconvénients :
- elle tient plus chaud, ce qui se paie en été et en climat chaud ;
- elle sèche lentement : si l'eau entre par le haut (ruisseau, pluie qui coule le long du pantalon), elle reste dans la chaussure ;
- elle s'use : avec les flexions répétées, la membrane perd son étanchéité au bout de quelques saisons.
Pour les randonnées estivales en terrain sec, une chaussure sans membrane, plus aérée, est souvent plus agréable.
Cuir ou synthétique
- Le cuir pleine fleur est robuste, prend la forme du pied et résiste bien aux frottements des rochers. Il est plus lourd, plus cher, et demande un entretien régulier (cirage, graisse).
- Le nubuck et le daim sont des cuirs poncés, plus souples. Ils s'associent souvent à des empiècements textiles.
- Les tiges synthétiques (textile et renforts en polyuréthane) sont légères, sèchent vite et ne demandent pas de période de rodage, mais s'usent plus vite aux zones de pliure.
Bien choisir sa pointure
- Essayez en fin de journée, avec les chaussettes de randonnée que vous porterez.
- Laissez un espace d'environ un doigt devant les orteils. Dans une longue descente, le pied avance : des orteils qui touchent le bout, c'est la garantie d'ongles noirs.
- Testez une pente : beaucoup de magasins spécialisés ont une rampe. En descente, le pied ne doit pas glisser vers l'avant ; en montée, le talon ne doit pas se soulever.
- Pensez au laçage : un nœud de blocage au niveau du cou-de-pied permet de serrer le bas plus que le haut, et inversement.
Rodage et entretien
Une chaussure en cuir gagne à être portée quelques heures en ville ou sur de courtes sorties avant une grande randonnée. Les modèles synthétiques demandent peu de rodage, mais il reste prudent de ne pas partir en itinérance avec une paire neuve.
Après chaque sortie, enlevez la boue avec une brosse et de l'eau claire, retirez les semelles intérieures et laissez sécher à l'air, loin d'un radiateur : la chaleur directe fait craqueler le cuir et décoller les semelles. Réimperméabilisez la tige avec un produit adapté quand l'eau ne perle plus.
Pour comparer les modèles et les prix, voir les chaussures de randonnée du catalogue.